Unité d'Entomologie fonctionnelle et évolutive


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Modèles étudiés

 

1. Pourquoi les pucerons?

La présence de pucerons est fréquente en grandes cultures ou en fruitiers et maraîchage. Ils se multiplient rapidement, se dispersent facilement sur de longues distances. Ces ennemis de cultures occasionnent d’importants dégâts à la plante en prélevant la sève mais également en transmettant de nombreux virus. L’importance des attaques aphidiennes varient considérablement d’une culture à l’autre, suivant les conditions du milieu (comme le climat). La promotion de la lutte raisonnée contre les pucerons visant à être économe et respectueuse de l’environnement, tient compte de cette variabilité. Elle s’appuie sur la connaissance de la biologie des ravageurs et de leurs ennemis naturels ainsi que sur la surveillance et la prévision de leurs populations.


Photo 2: colonie d’Aphis fabae Scopoli, une espèce de puceron très polyphage

 

2. Les auxiliaires aphidiphages

Le choix des auxiliaires, les coccinelles (Adalia bipunctata et Coccinella septempunctata) et le syrphe Episyrphus balteatus, est dû à leur présence dans les cultures, les jardins ou autres espaces boisés. Leur répartition cosmopolite leur procure une importance toute particulière en tant qu’ennemis naturels de pucerons. L’extrapolation des résultats obtenus en cultures maraîchères à tout autre système de production végétale est aisée vu l’importante polyphagie des auxiliaires étudiés. Cette possible généralisation de l’effet de prédateurs aphidiphages à toute une série de cultures renforce l’intérêt du choix de ces espèces d’insectes en tant que modèle d’études en lutte biologique.

Adalia bipunctata L. et Coccinella septempunctata L.

En région wallonne, on observe près de 60 espèces de coccinelles. Parmi elles, l’Adalie à deux points  et la cocinelle à sept sont une espèce opportuniste, principalement observée dans les strates arborée et arbustive mais qui est également rencontrée dans la strate herbacée. La coccinelle à sept points est quant à elle un prédateur aphidiphage ubiquiste, le plus abonadant dans les agro-écosystèmes.

Ces insecte passent par 4 stades larvaires avant de se nymphoser. En été, ils effectuent leur cycle en moins de trois semaines et présente deux à trois générations par an. La première apparaît en mai - juin. En automne, la diversité des biotopes fréquentés est très large et associée à diverses plantes herbacées à floraison tardive. Les larves comme les adultes de Coccinellidae sont prédateurs de pucerons mais les adultes se nourrissent également de pollen et de nectar. La voracité de ces insectes entomophages varie en fonction de la température; plusieurs centaines de pucerons sont consommés par chaque coccinelle au cours de leur cycle de développement.

 

Photo 3 : la coccinelle à sept points, Coccinella septempunctata L.:

un adulte déposant un amas d’œufs sur un support végétal 

Photo 4 : une larve consommant des pucerons

 

Episyrphus balteatus DeGeer

La famille des Syrphidae compte plus de 4000 espèces dont 800 d’entre elles se retrouvent en Europe et plus de 300 en Belgique. Plus de 40% de ces insectes sont aphidiphages à l’état larvaire et présentent un intérêt agronomique comme agent de contrôle des populations de pucerons.  Les adultes se nourrissent de pollen, de nectar et de miellat. Ils jouent donc un rôle très important dans la pollinisation des fleurs. Episyrphus balteatus est présent en abondance dans tous les milieux; c’est l’espèce de syrphe la plus importante dans les champs. Il est également observé dans toute une série d’habitats allant de jardinet urbain aux grandes forêts. Très polyphage, il peut être élevé en continu au laboratoire.

Photo 5: Episyrphus balteatus DeGeer, une espèce ubiquiste de Syrphidae

Les œufs des espèces prédatrices de pucerons sont déposés sur les plantes infestées de pucerons. Dès l’éclosion, les larves consomment les pucerons qu’elles rencontrent : une larve mangerait jusqu’à 1200 pucerons au cours du développement larvaire. Le cycle complet peut être réalisé en deux semaines. Des adultes se rencontrent dès le mois de février et peuvent intervenir très tôt contre les pucerons. Les populations d’E. balteatus s’accroissent fortement en été en raison des individus migrateurs venant du bassin méditéranéen. Les insectes seraient capables de parcourir des distances supérieures à 100 km en un jour. Il existe également des migrations de printemps. L’activité pollinisatrice des adultes a également été mise à profit en culture de carottes.