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La lutte biologique

Informations générales

La diversification vers de nouveaux créneaux telle la production intégrée en diminuant au maximum les intrans (engrais, pesticides) se développe. Cette démarche passe donc par l’acceptation de produire moins mais en valorisant au mieux les productions agricoles.

Le développement durable ou encore appelé soutenable invite à voir à long terme et doit impliquer des changements de comportements des principaux acteurs impliqués dans la gestion du milieu. Le monde rural intervient de manière prépondérante dans l’évolution de la qualité de l’environnement et le recours intensif aux matières fertilisantes et aux pesticides en agriculture représente dans cette optique un réel danger pour l’ensemble des être vivants. Ces dernières décennies, l’utilisation de pesticides pour réduire les pertes de rendement liées à la présence de ravageurs, de maladies ou d’adventices dans les cultures, ne fut que rarement raisonnée. A cet égard, il est intéressant d’observer l’évolution de la vente de pesticides en Belgique: les tonnages totaux des pesticides vendus en 1987 et 1999 (environ 9000 tonnes) sont identiques malgré les réductions de doses d’utilisation des nouvelles matières actives.

Des alternatives à l’utilisation des pesticides apparaissent donc comme essentielle en vue de préserver une qualité de vie. Actuellement, le recours à des organismes ou substances naturelles pour lutter contre les ravageurs des cultures devient de plus en plus courant. La disponibilité de tels moyens s’accroît progressivement et permet une intégration de ces méthodes biologiques dans des schémas d’intervention traditionnels.

Les produits phytosanitaires ne constituent pas un moyen d’intervention idéal dans le cadre d’une vue à long terme. Leur toxicité envers la faune et plus particulièrement envers l’espèce humaine n’est plus à démontrer. Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides autorisées sont constamment revues à la baisse (législation nationale et directive Européenne). Les contrôles de ces LMR s’intensifient et engendrent le déclassement de denrées végétales ne répondant pas aux normes. Face à cette prise de conscience, seule l’insertion de méthodes de lutte biologique dans les systèmes de production couplée à la réductions d’intrans, permettra de respecter les règlements de santé publique.

Il faut donc nécessairement s’orienter vers une utilisation plus raisonnée des pesticides pour contrôler les ravageurs de cultures. Le concept de lutte intégrée apparaît comme le résultat d’une utilisation plus rationnelle des pesticides et de la possibilité de suppléer à leur usage par toute autre méthode plus naturelle chaque fois que cela est possible techniquement et économiquement. L’idée première de cette conception est de conserver les organismes utiles naturellement présents dans l’environnement en limitant l’effet des pesticides sur cette faune utile. La notion de seuil économique de dégâts doit remplacer celle de production maximale. L’acceptation de ces méthodes de lutte ne dépend plus exclusivement des impératifs économiques mais également des contraintes écologiques et toxicologiques des moyens mis en œuvre.